HC Sierre – L’un des deux étrangers du club sierrois, Guillaume Asselin, nous a accordé quelques minutes à l’issue d’un entraînement. Il revient sur son parcours et évoque le début de saison, avant le duel face à Zoug, demain soir. Interview.

Photo : Justine Eyer / HC Sierre

Pour son retour en Swiss League, le HC Sierre a engagé 2 attaquants québécois : Éric Castonguay et Guillaume Asselin. Après ses saisons juniors et universitaires réalisées dans son Québec natal, Guillaume Asselin est venu en Europe. 2 saisons et 2 titres de champions de Slovaquie plus tard, tous deux acquis avec le HC Banska Bystrica, il a posé ses patins au HC Sierre. Nous avons pu le rencontrer pour aborder avec lui son parcours d’hockeyeur professionnel ainsi que le début de saison du HC Sierre.

Son parcours au Canada

RS : Tu as été repêché au 1er tour du draft d’entrée de la QMJHL par les Juniors de Montréal, tu étais par la même occasion le premier choix de l’histoire de la franchise. Comment as-tu vécu cette situation atypique ?

GA : C’était vraiment cool d’être le premier choix de l’histoire d’une organisation. J’ai joué 2 ans là-bas et j’ai aimé ça, mais la ville de Montréal ne vit que pour les Canadiens. Les recruteurs étaient présents à chaque match et lorsque tu as 17 ans, tu as le draft NHL en fin de saison et ça ne m’a pas aidé parce qu’en venant à tous les matchs, les recruteurs voyaient que j’avais pas mal de hauts et de bas durant la saison. La proximité avec les Canadiens de Montréal faisait aussi que les gens avaient très peu d’intérêt pour notre équipe. C’était 2 bonnes années, mais j’ai vraiment plus apprécié mes 3 autres années juniors.

RS : Après 2 saisons, tu as été échangé aux Saguenéens de Chicoutimi. Est-ce que ce changement de club a été positif pour ta carrière ?

GA : Ce changement a été totalement positif pour ma carrière. J’ai été échangé à Chicoutimi contre Louis Leblanc (ndlr : 10 matchs avec le LHC durant la saison 2015-2016) qui était déjà drafté par Montréal. Chicoutimi est une ville qui vit pour le hockey, un peu comme ici à Sierre et la patinoire était toujours pleine pendant les matchs donc c’est vraiment incroyable pour le hockey junior, c’est motivant de jouer devant 4500 spectateurs à cet âge.

RS : Tu n’as jamais été drafté en NHL, mais tu as participé à des camps, selon toi qu’est ce qui t’a manqué pour décrocher un contrat en NHL ou en AHL ?

GA : J’ai fait le camp des Canadiens de Montréal et également celui des Ottawa Senators. J’ai eu un contrat en AHL à la fin de ma dernière année universitaire avec le club-école des Canadiens de Montréal, mais je me suis uniquement entraîné avec eux.

Ce qu’il m’a manqué c’est que je me suis développé physiquement plus tard que les autres joueurs. Ma force est également venue plus tard, je suis un joueur qui travaille beaucoup en zone offensive et dans les coins et il faut être fort physiquement pour jouer de cette façon. Lorsque tu n’es pas drafté par une équipe de NHL, c’est vraiment compliqué de faire son chemin pour arriver dans cette ligue, même si c’est faisable. J’ai quelques amis qui ont réussi, mais c’est une minorité de joueurs.

Son parcours – La Slovaquie

RS : Après avoir entamé la saison 2017-2018 en ECHL à Wichita, tu as quitté le club après seulement 3 matchs pour la Slovaquie. Pourquoi avoir effectué ce choix à ce moment de ta carrière ?

GA : Premièrement, tu gagnes très peu d’argent en ECHL et la qualité de vie est misérable. Ensuite, je me suis dit que je préférais aller en Europe que de jouer dans une ligue que je n’aimais vraiment pas et où il fallait faire parfois 10 heures de bus pour aller jouer un match. Après avoir parlé avec d’anciens entraineurs ou directeurs sportifs qui avaient joué en Europe, ils m’ont conseillé d’y aller parce que le jeu pratiqué correspondait à mon style.

Après le premier match de la saison en ECHL, j’avais déjà contacté un agent pour qu’il me trouve un poste en Europe parce que je ne me sentais pas à ma place dans cette ligue.

RS : En Slovaquie, tu as remporté 2 titres nationaux avec ton équipe. Mais comment as-tu vécu ton expérience slovaque qui était ta première en Europe ?

GA : Après mon deuxième match en ECHL, l’agent avec qui j’avais pris contact m’a dit qu’il avait une offre pour moi en Slovaquie. En venant du Canada, jamais je n’aurais pensé aller jouer en Slovaquie, mais en regardant le contingent de l’équipe, j’ai vu qu’il y avait 2 québécois : Guillaume Gélinas et Éric Faille. J’ai pris contact avec eux et ils m’ont dit que c’était super fun de jouer en Slovaquie alors j’ai signé là-bas. J’y ai passé mes 2 plus belles années de ma vie en tant qu’hockeyeur, surtout la première saison où on avait une ambiance d’équipe et une cohésion avec le public incroyable. La patinoire était pleine à chaque match, les supporters criaient et chantaient pendant tout le match et ils étaient très gentils avec nous quand ils nous croisaient dans la rue. Forcément, quand tu es dans une équipe gagnante, tout est beaucoup plus fun.

Le HC Sierre

RS : Tu es maintenant en Suisse, au HC Sierre, comment les contacts avec le club se sont-ils établis ?

GA : Mon but c’était de venir jouer en Suisse et j’avais contact avec Alexandre Tremblay (ndlr : ancien joueur du LHC et du EHC Visp notamment). J’avais eu son contact après ma première saison en Slovaquie et on a communiqué durant toute la saison dans le but de trouver un club en Suisse. Début mars, il m’a dit qu’il avait quelque chose pour moi et de ne surtout pas accepter de contrat d’une autre équipe. Une semaine plus tard, il m’a fait rentrer en contact avec Réal Vincent, qui est maintenant mon conseiller en Suisse.

Depuis cette date, j’ai suivi tous les playoffs du HC Sierre et lors du match 5 contre Martigny, j’actualisais le résultat chaque 30 secondes pour savoir si le club était promu. Quand j’ai vu que Sierre avait gagné, je me suis dit que c’était une belle opportunité et ensuite on a trouvé une entente pour que je vienne jouer ici.

RS : Le HC Sierre occupe la 10ème place du classement à un point des playoffs, qu’est-ce qu’il manque à l’équipe pour passer au-dessus de la barre ?

GA : Au début de la saison, c’était plus difficile parce qu’on a une équipe vraiment jeune. Dans le hockey l’expérience c’est très important. Il faut vivre des choses pour savoir comment les surmonter. Lorsqu’on était dans notre série de défaites, si tu ne l’as jamais vécu en tant que joueur, c’est très difficile de retourner la situation. La victoire contre les Ticino Rockets nous a fait énormément de bien et depuis ce match, on est sur une lancée positive, malgré la défaite contre Winterthour.

Maintenant on joue nettement mieux et on commence à comprendre qu’il faut jouer notre propre style et ne pas s’adapter à l’adversaire. Tout le travail réalisé pendant le dernier mois a été vraiment positif et si on continue comme ça je pense qu’on se dénichera une place en playoff. Il faut aussi que lorsqu’on joue contre des concurrents directs, on joue de la même façon que lorsqu’on joue contre les équipes du haut du classement. D’ailleurs le match de mardi (ndlr. demain) contre l’EVZ Academy est un match à 6 points.

RS : Plus personnellement, tu es actuellement le meilleur compteur de l’équipe. Es-tu satisfait par ton début de saison ?

GA : Je ne suis pas satisfait à 100% car je ne suis jamais satisfait de moi-même, mais je ne suis pas déçu non plus. J’ai actuellement 12 buts, mais je pense que je pourrais en avoir plus. J’ai énormément d’occasions de marquer et sur beaucoup de matchs j’étais frustré parce que je ne la mettais pas au fond. Sur certains matchs, j’ai également eu un manque de réussite et c’est pour cela que je pense que je pourrai avoir plus de goals au compteur. La ligue est totalement différente de la ligue slovaque, mais maintenant j’ai trouvé mon rythme et je pense être sur la bonne voie depuis quelques matchs, même si on peut toujours s’améliorer. Le triplé contre Langenthal m’a fait du bien, ça m’a enlevé beaucoup de poids sur les épaules.

Les différences entre la Suisse et la Slovaquie

RS : Tu es arrivé en Suisse depuis quelques mois, quelles sont les principales différences avec la Slovaquie, tant au niveau du pays que du niveau de jeu du championnat ?

GA : Le jeu en Suisse est beaucoup plus rapide, mais nettement moins physique. En Slovaquie, la plupart des joueurs sont bien bâtis donc le côté physique a une part importante. Les joueurs suisses patinent très bien donc la différence la plus marquante est la vitesse du jeu. En Slovaquie, les 6 meilleures équipes ont un très bon niveau, on avait d’ailleurs battu Lugano en Champions Hockey League, mais le niveau du reste des équipes laisse à désirer.

Au niveau du pays, il y a une grande différence. La Suisse est un pays extraordinaire tant au niveau des paysages que de la qualité de vie. J’ai visité le Valais et aussi Genève et les paysages sont magnifiques comparé à la Slovaquie.

La suite de la saison

RS : Tout à l’heure on a parlé d’Éric Faille, dans quelques jours vous allez vous affronter.  Vos premières retrouvailles ne se sont pas très bien passées pour toi. Que faudra-t-il faire pour que ce soit ton équipe qui sorte vainqueur de ce match ?

GA : Premièrement, il ne faudra pas que je prenne une pénalité de match. Quand on jouait ensemble, on avait une belle compétition interne, on se poussait l’un l’autre à faire le mieux possible. Maintenant on est adversaire alors j’ai envie de faire mieux que lui. Pour vendredi, il faudra d’abord gagner le match, c’est primordial et ensuite je serai content si je marque plus de buts que lui. Depuis nos 2 saisons ensemble en Slovaquie, on est devenu de très bons amis et on se contacte encore régulièrement.

RS : Pour finir, tu as signé un contrat d’une saison avec le HC Sierre. Comment est-ce que tu vois ton avenir ?

GA : C’est sûr que j’aimerai rester ici, mais c’est au club de voir s’ils veulent me garder pour la saison prochaine. J’espère que ce sera le cas parce que j’aimerai rester ici longtemps. J’aime beaucoup le style de jeu pratiqué en Suisse. J’aimerai rester ici et aider le club à grandir et gravir les positions en Swiss League. Personnellement, je veux gagner tous les matchs et je pense que cette mentalité peut aider l’équipe.

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