TOUR DE FRANCE – L’édition 2019 de la Grande Boucle restera une très bonne cuvée. Riche en émotions, elle aura éblouit le mois de juillet des sportifs. Retour sur ces 3 semaines de compétition !

Photo: Le Soir

Cette 106e édition de l’épreuve française restera très longtemps dans la mémoire des fans de cyclisme et risque bien de connaître quelques pages dans les livres d’histoire. En effet, depuis quelques années, le suspens et les grandes émotions fuyaient la Grande Boucle. En 2019, hormis la dernière étape de montagne, raccourcie, qui a figé les positions au classement général, chaque jour a connu son lot de rebondissements et d’émotions. Des belles, et des plus déchirantes, qui nous rappellent que le sport est parfois cruel.

Notamment pour Thibaut Pinot, qui sera passé par tous les états. Aussi bien au bonheur absolu qu’à la désolation lors de la bordure avant de connaître une nouvelle désillusion dans son histoire mitigée avec l’épreuve française. Julian Alaphilippe, lui, nous a donné une touche de romantisme à ce Tour de France. Le coureur français n’a jamais rien lâché avec la tunique jaune sur le dos. Au final, il aura porté ce maillot pendant 14 jours, avant de le perdre dans les Alpes. L’année prochaine, il ne visera pas pour autant une victoire finale à Paris.

Jamais les quatre premiers du Tour de France auront été si proches. Entre Bernal, premier et Emmanuel Buchmann, quatrième, il y a moins de deux minutes. Du jamais vu sur la Grande Boucle. Le seul regret de cette édition, c’est peut-être l’attentisme de Kruijswijk, troisième, qui n’aura jamais réellement osé attaquer et se sera contenté de suivre les roues. Dommage, car dans certaines étapes il aurait pu attaquer, avec une Team INEOS affaiblie et son équipe de Jumbo-Visma en supériorité numérique. D’ailleurs, le “petit tacle” de Julian Alaphilippe hier soir sur France 2 résume bien le Tour de Kruijswijk: “Je préfère terminer 5e, avec deux victoires d’étape et 14 jours en jaune, que 3e en faisant rien du tout.”.

Le vainqueur : Egan Bernal

L’histoire retiendra que 2019 est la première année où un colombien s’est imposé sur la plus grande course cycliste du monde. Il devient aussi le plus jeune vainqueur du Tour depuis 1909 ! A seulement 22 ans, Egan Bernal vient peut-être d’ouvrir un long règne. On est encore loin, mais le talent de ce coureur est présent. Son calme, sa tranquillité et sa faculté à s’adapter à n’importe quelle situation pousse à dire qu’il sera un très grand champion. Cette saison 2019 témoigne déjà en sa faveur. Il a inscrit son nom au palmarès de courses prestigieuses, comme Paris-Nice ou le Tour de Suisse, et désormais le Tour de France. Le Team INEOS peut déjà se frotter les mains d’avoir un tel talent dans son effectif. Mais l’équipe britannique peut aussi se frotter la tête pour savoir quelle équipe aligner pour l’édition 2020. Avec Thomas, Froome et donc Bernal, trois vainqueurs de la Grande Boucle sont contingentés, avant l’arrivée de Carapaz (vainqueur du Giro 2019), prévue pour la saison prochaine.

La révélation : Caleb Ewan

On attendait Dylan Groenewegen, Elia Viviani ou Peter Sagan, mais le meilleur sprinter durant ce mois de juillet, c’était bien lui: Caleb Ewan. Déjà vainqueur d’étapes sur le Giro et la Vuelta, il découvrait la France lors de cette 106e édition. Visiblement, il s’est plutôt bien adapté au sol tricolore. Il s’impose à trois reprises au terme de sprints massifs. Il ouvre son compteur à Toulouse, lors de la 11e étape, après avoir été très proche de la victoire durant la première semaine. Sa deuxième victoire survient au lendemain de la deuxième journée de repos, à Nîmes. Il conclut parfaitement son Tour 2019 en s’offrant un succès de prestige sur les Champs-Elysées. Le jeune australien se fait l’auteur d’un sprint exceptionnel pour s’imposer sur la plus belle avenue du monde. Il n’y a aucun doute, il était l’homme des sprints !

On a aimé : Julian Alaphilippe

S’il fallait retenir un cycliste qui a animé ce Tour de France 2019, le nom de Julian Alaphilippe reviendrait à de nombreuses reprises. Il a dynamité l’épreuve. Tout d’abord à Epernay, lors de la 3e étape, où il fait coup-double en s’adjugeant la victoire d’étape et le maillot jaune. Alors qu’il perd – bêtement – le maillot jaune à La Planche des Belles Filles, on se dit que son Tour de France va s’arrêter là. Mais, à la force de son caractère, il va rechercher la tunique jaune au terme d’un numéro délicieux en route vers Saint-Etienne, avec la collaboration parfaite de Thibaut Pinot.

Le coureur de 28 ans ne lâchera plus la tunique jaune jusqu’au soir de l’étape arrêtée au sommet du col de l’Iseran (19e étape). Il tombe face à Egan Bernal. Le coureur de la Deceuninck-Quick Step a même creusé l’écart lors du contre-la-montre de Pau, qu’il remporte devant Geraint Thomas. Durant toutes les Pyrénées, il aura tenu le choc, se faisant même le luxe de reprendre du temps sur Thomas dans le Tourmalet. Julian a porté avec lui tous les espoirs français sur ses épaules, qui voyait l’opportunité de mettre fin à 34 ans de disette. Malheureusement, il tombe face à Bernal dans les toutes dernières étapes. Au final, il termine 5e au classement général, mais il aura gagné le cœur de beaucoup de suiveurs tricolore. A Paris, il monte sur le podium pour récupérer le prix du super-combatif. Logique.

On a aimé : Sébastien Reichenbach

Maillot de champion de Suisse sur le dos, il aura fait honneur à la tunique à croix blanche. Le cycliste de Vétroz aura accompagné au mieux son leader au sein de la Groupama-FDJ, avant l’abandon de celui-ci. Son appui a été essentiel lors de la 15e étape dans la montée finale vers Foix Prat-d’Albis. Thibaut Pinot, après un excellent travail du valaisan, a fait explosé tous les favoris les uns après les autres. Dès l’abandon de son leader, Sébastien Reichenbach s’est glissé dans les échappées. Malheureusement, il n’aura jamais été au bout. Mais son attitude a été exemplaire. Il a livré une bonne image de la Suisse sur la boucle française, comme en témoigne la vidéo ci-dessous. Au classement général final, il se place 17e à 44’29 du colombien. Il signe ainsi son deuxième Top 20 sur le Tour de France. Bravo.

Rendez-vous en 2020 !

Après une édition 2019 magnifique, on devra attendre une année pour retrouver la plus belle course cycliste. La 107e édition partira de la belle ville de Nice, le 27 juin 2020. Les deux premières étapes se dérouleront autour de la ville niçoise, entre mer et arrière-pays. La Team INEOS pourrait bien lancer la défense de son titre dans une ville où le club de football local est sur le point de se faire racheter par Jim Ratcliffe, homme fort…d’INEOS. Le parcours 2020 s’annonce moins montagneux, mais avec le retour de Chris Froome, l’attente de la confirmation d’Egan Bernal, un Thibaut Pinot le couteau entre les dents, nous, on salive déjà. Merci 2019, vivement 2020 !